Fausts Melancholie und Sprachpessimismus in Faust I

L’arrière-plan anthropologique de la mélancolie de Faust a été très largement élucidé par Hans-Jürgen Schings et Paul Requadt. En tentant de l’interpréter par rapport au pessimisme qu’elle engendre à l’égard du langage, nous la plaçons dans le contexte d’une révolution poétique qui fait de l’acte de...

Full description

Saved in:
Bibliographic Details
Main Author: Béatrice Dumiche
Format: Article
Language:deu
Published: Presses universitaires de Strasbourg 2010-12-01
Series:Recherches Germaniques
Online Access:https://journals.openedition.org/rg/557
Tags: Add Tag
No Tags, Be the first to tag this record!
Description
Summary:L’arrière-plan anthropologique de la mélancolie de Faust a été très largement élucidé par Hans-Jürgen Schings et Paul Requadt. En tentant de l’interpréter par rapport au pessimisme qu’elle engendre à l’égard du langage, nous la plaçons dans le contexte d’une révolution poétique qui fait de l’acte de parole l’expression d’un sujet en quête de sa propre réalisation. La découverte du substrat irrationnel du langage dans le Faust I apparaît ainsi comme une rencontre avec le fondement irrationnel du sujet qui met radicalement en cause la correspondance entre microcosme et macrocosme. La crise du langage que connaît Faust, homme de foi et personnalité d’exception, n’est pas d’ordre individuel, elle concerne tout le système des connaissances bâti sur la théodicée qui, dans la scène avec l’étudiant et dans celle de la cuisine de la sorcière, apparaît grâce à son alter ego méphistophélique comme une charlatanerie exposée au ridicule. Le Faust I s’avère dès lors un retour de Goethe sur les attentes exagérées qu’il avait à l’égard du langage dans ses écrits de jeunesse qui oscillaient entre un humanisme prophétique et l’idéalisation de l’harmonie préétablie par la sensibilité aboutissant à un dégoût de soi dont les satires et les farces constituent le seul antidote. La pièce porte cette tension à son paroxysme à travers l’affrontement entre le protagoniste et Méphisto permettant d’élaborer une conception moderne du langage et l’art dramatique qui en découle. Elle développe en effet un discours qui renonce à la normativité d’une vérité absolue et qui instaure un langage, médiation de l’individu avec lui-même dont l’exemplarité est symbolique et réfractaire à l’identification immédiate.
ISSN:0399-1989
2649-860X