L’art et la plasticité des genres

On emploie souvent aujourd’hui les termes « artiste » et « plasticien » comme synonymes. Sous cette simple manière de parler se dit une vérité troublante et profonde. Troublante, car la plasticité associe l’activité de la création d’une forme (la plastikê des Grecs) à la nécessaire destruction (le p...

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Bibliographic Details
Main Author: Eric Combet
Format: Article
Language:fra
Published: Association Mnémosyne 2010-01-01
Series:Genre & Histoire
Subjects:
Online Access:https://journals.openedition.org/genrehistoire/757
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Description
Summary:On emploie souvent aujourd’hui les termes « artiste » et « plasticien » comme synonymes. Sous cette simple manière de parler se dit une vérité troublante et profonde. Troublante, car la plasticité associe l’activité de la création d’une forme (la plastikê des Grecs) à la nécessaire destruction (le plasticage) de la forme initiale, de sorte que, si l’art est plastique, il est essentiellement lié à la perturbation et la transgression. Profonde, car cette plasticité ne serait pas le propre de notre modernité, et encore moins une idée relevant d’une mode intellectuelle passagère, mais l’essence intime de l’art à travers toute son histoire. On a voulu suggérer cela, en proposant le néologisme du « dianouménal » pour qualifier cette plasticité, et en remontant à l’art des cavernes pour en voir l’effectivité dès l’origine. Au Paléolithique, en effet, les Vénus gravettiennes par leur plastique androgyne sèment d’emblée le trouble dans le genre.
ISSN:2102-5886