Variations sur la joie à la fin du Moyen Âge : du Mariage Rutebeuf aux Quinze Joies de mariage
Du Roman de la Rose aux Quinze Joyes de mariage et aux Lamentations de Mathéolus de Jean Le Fèvre en passant par le Mariage Rutebeuf, la veine misogame s’affirme à côté de la veine courtoise. Le thème du mariage comme prison se rencontre déjà chez Rutebeuf ; il domine les Quinze Joies de mariage, ré...
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Format: | Article |
Language: | fra |
Published: |
Presses universitaires de la Méditerranée
2024-07-01
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Series: | Revue des Langues Romanes |
Online Access: | https://journals.openedition.org/rlr/5760 |
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Summary: | Du Roman de la Rose aux Quinze Joyes de mariage et aux Lamentations de Mathéolus de Jean Le Fèvre en passant par le Mariage Rutebeuf, la veine misogame s’affirme à côté de la veine courtoise. Le thème du mariage comme prison se rencontre déjà chez Rutebeuf ; il domine les Quinze Joies de mariage, rédigées autour de 1400, où revient, nouvelle après nouvelle, l’image de la nasse où les maris sont retenus prisonniers. Comme chez Rutebeuf, la courtoisie n’y a guère droit de cité et est entraînée dans les jeux de la dérision : la joie en vient à dire le triomphe du bas corporel, le plaisir de la ruse dans un monde aux relents carnavalesques. Le renversement parodique s’affiche à travers le contraste entre les joies de la Vierge (registre élevé) et les misères de la vie quotidienne (registre bas). Le rire reste insouciant aussi longtemps que la veine morale, présente en sourdine, n’affleure pas à la conscience du lecteur, lui rappelant combien la derisio est un plaisir problématique. À l’image des femmes qui jouissent des tours joués aux maris, le public rit des joies par antiphrase de ces pantins incapables d’admettre la réalité de leurs peines. |
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ISSN: | 0223-3711 2391-114X |