Cărturari putneni din secolul al XVIII-lea. între năzuință și fabulație
Pour mieux comprendre la culture roumaine ancienne, il nous faut connaître – selon l’auteur de cette étude – la vie et l’activité des hommes qui ont contribué à son édification, mais aussi établir (ou rétablir) la paternité des textes, identifier les copistes, les traducteurs et les possesseurs de m...
Saved in:
Main Author: | |
---|---|
Format: | Article |
Language: | deu |
Published: |
Editura Academiei Române
2016-12-01
|
Series: | Revista de Istorie și Teorie Literară |
Subjects: | |
Online Access: | https://ritl.ro/pdf/2016/4_S_S_Gorovei.pdf |
Tags: |
Add Tag
No Tags, Be the first to tag this record!
|
Summary: | Pour mieux comprendre la culture roumaine ancienne, il nous faut connaître – selon l’auteur de cette étude – la vie et l’activité des hommes qui ont contribué à son édification, mais aussi établir (ou rétablir) la paternité des textes, identifier les copistes, les traducteurs et les possesseurs de manuscrits, la circulation des livres etc. Autrement dit, il nous faut savoir qui pouvaient écrire et qui pouvaient lire. Le XVIIIe siècle met à la disposition du chercheur passionné par de tels sujets un panorama vaste et intéressant, avec beaucoup de lacunes à combler. A Poutna, ce siècle s’est avéré bien riche en matière culturelle, avec ses lettrés issus de la communauté monastique, hommes laborieux et dévoués à cette mission. Parmi eux, l’archimandrite Vartolomei Mazereanu, traducteur de plusieurs ouvrages théologiques, s’intéressait aussi à l’histoire: il a composé une chronique de la Moldavie pour les années 1741–1769 (mais qui passe encore sous le nom d’un noble moldave, Jean Cantacuzène!) et une brève histoire du Monastère de Poutna, dont il connaissait parfaitement les archives (c’est lui qui avait mis en ordre les vieilles chartes princières, ainsi que tous les autres documents concernant les propriétés, pour dresser un grand catalogue avec leurs résumés). Pourtant, il lui fut impossible de rédiger une histoire critique, qui s’appuie sur les documents et les manuscrits conservés à Poutna et qui utilise aussi les inscriptions votives et funéraires qui y existaient à l’époque. Trop attaché aux légendes, aux soi-disant traditions perpétuées oralement par les vieux moines, il a composé une „histoire” dont la première partie tient du fabuleux (c’est lui qui a inventé le rôle de Daniel l’ermite dans la fondation du Monastère de Poutna, tandis que ce personnage appartient, en entier, à l’histoire du Monastère de Voroneţ!). Ses aspirations ont été surpassées par son penchant pour la fabulation. A la même époque, Nathan (Nathanael), lui aussi moine à Poutna, puis à l’Ermitage de Poutna [Sihăstria Putnei], traduisait, copiait et rédigeait des obituaires. Excellent calligraphe, il aimait la belle écriture (en imitant les lettres typographiques), l’ordre et la précision. Il a fait précéder l’obituaire qu’il rédigeait pour son ermitage par une brève histoire du couvent, signée par son staretz (prieur) Silas. La première partie de ce texte concerne les années 1466–1711, sans trop de détails et avec une concession faite à ce penchant pour la fabulation; la seconde partie raconte les souvenirs de Silas, depuis son arrivée à l’ermitage jusqu’en 1768. C’est une belle page littéraire, qui devrait être récupérée pour une anthologie de textes autobiographiques, mais avec une correction importante: c’est Silas qui a raconté sa vie, mais seulement de vive voix; celui qui a recueilli ses propos et leur a donné la forme littéraire, c’est Nathan. Nathan en est le véritable auteur. Ces deux lettrés, Vartolomei et Nathan, furent les collaborateurs dévoués de Iacov Putneanul, métropolite de Moldavie (1750–1760), patron spirituel de Poutna, considéré par ses contemporains le second fondateur du couvent. |
---|---|
ISSN: | 0034-8392 3061-4201 |